Douce France, pays de mon enfance, symbole de tous nos maux

Crédit photo: pcfbassin.fr
Crédit photo: pcfbassin.fr

Crédit photo: pcfbassin.fr

La récente tournée africaine du président Hollande semble avoir réouvert quelques plaies sur le continent, ravivant le débat sur les rapports entre la France et ses anciennes colonies. Pour certains, c’est une relation visiblement compliquée, comme en témoigne le cafouillage du président béninois en tentant de répondre à une question dans ce sens, pendant la conférence de presse conjointe. Pour d’autres le débat est clos depuis belle lurette : c’est la faute aux Français si l’Afrique francophone en est là aujourd’hui ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est probablement ce que pensent la moitié (restons prudents, je sais que c’est un peu plus que ça) de mes compatriotes au Togo, et la plupart des citoyens dans les anciennes colonies françaises. Le bouc émissaire français a fait ses preuves. Plus de 50 ans après les premières indépendances, sa réputation continue de lui succéder partout où les coups d’État ou autres scandales politiques ont fait rage. On lui reproche de continuer à tirer sur la ficelle, tel un cordon ombilical qui n’a jamais été coupé. Le président Hollande en a donc fait les frais sur les réseaux sociaux pendant sa visite, car le bouc a la vie dure !

Pauvre bougre de bouc ! On lui colle tous les maux, et on fait appel à lui dès que rien ne va plus. Bien sûr, il a plutôt beaucoup sur la conscience. Mais il est aussi victime du dicton “ qui vole un œuf… ”, et toute sa panoplie de victimes sur le continent au fil des ans a fini par faire de lui un voleur de bœuf. Cinquante ans, c’est beaucoup dans la vie d’un homme, que dire dans celle d’un bouc! Tant de temps et d’occasions pour faire parler de lui, à travers ses agents provocateurs, suivez mon doigt vers Denard, Faulques, Pasqua, Verges, et j’en passe, juste pour faire des jaloux dans les coulisses diplomatiques de la Françafrique. Tant de suppôts du bouc qui ont eu droit à leur place au soleil africain ces dernières décennies, et qui ont su profiter de leurs positions d’influence, se balançant plein d’assurance sur le cordon entre Paris et ses anciennes colonies en mal d’amour maternel. De nos jours, ils sont disparus ou oubliés de la conscience publique, pour la plupart, mais le bouc lui on le garde à l’œil.

Pourtant on dirait que le bouc est en fin de carrière. Ce n’est pas que moi qui le dis, M. Hollande lui-même l’a confirmé. C’est donc un nouveau départ entre la France et l’Afrique. Que diable si beaucoup de mes compatriotes se refusent encore à l’évidence, l’ancienne métropole ne veut plus de nous. Enfin pas comme nous nous voulons d’elle. Ce n’est pas qu’elle ne nous aime plus; c’est que notre relation, tel un mariage de convenance, est arrivée au point de stagnation. Il faut l’accepter, quand on n’a plus rien à offrir dans un couple, il vaut mieux se séparer. Mais il faut le faire dans de bons termes quand même. Après tout, le français c’est une belle langue qu’il ne faut pas laisser disparaître. C’est d’ailleurs une question de sauvegarde du patrimoine mondial. Pour le reste, les facilités d’immigration et les interventions militaro-politiques (sauf en cas de force jihadiste, bien sûr), c’est fini ! Le cordon est coupé de l’autre côté, et on n’a qu’à se débrouiller pour s’en détacher, s’il ne tombe pas tout seul!

Que faire alors d’autre que de traîner le cordon un peu partout sur le continent, du désert du Sahel aux côtes ouest-africaines. On tourne dans tous les sens, histoire de trouver d’autres boucs à qui reprocher nos problèmes. Ne sachant pas trop dans quelle direction se tourner, on ne peut s’empêcher d’empêtrer les pattes du bouc français avec le vieux cordon, de temps en temps. On lui lance des appels régulièrement pour nous consoler de nos maux qui n’en finissent pas, comme si, si un homme tourne mal à 50 ans, c’est la faute de sa maman. La quête continue donc, en attendant de trouver la main secourable qui voudra bien nous débarrasser du cordon pour de bon, ou au moins le reconnecter ailleurs. Main chinoise, en veux-tu ? En voilà!

 

 

1 Commentaire

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *