Un éléphant ça peut Trumper* énormément

Credit photo: DonkeyHotey (Flickr.com)
Credit photo: DonkeyHotey (Flickr.com)

Crédit photo: Flickr.com (DonkeyHotey)

Depuis presque vingt ans que je vis aux Etats-Unis, il y a bien une chose dont je ne me lasse jamais, c’est l’effervescence autour des périodes électorales. Comme partout ailleurs, et en exponentielle, l’élection présidentielle ici se prépare dans une atmosphère dramatique. Tensions, diversions, débats, attaques et contre-attaques verbales, toute une panoplie qui nous laisse en haleine en attendant le jour de la victoire, ou non, du candidat de notre cœur.

Au-delà des faits de campagne traditionnels, l’excitation est nourrie par les diverses émissions de divertissement, comme « Saturday Night Live« . Il y a aussi de nombreux shows quotidiens dont les présentateurs comédiens se donnent pour mission de parodier les candidats, et de nous faire mourir de rire par la même occasion. En cette période électorale américaine donc (vous ne le croirez pas, mais à un an de l’échéance, on est déjà en pleine campagne), l’humour bat son plein.

Cette année, plus particulièrement, on nous déniche des morceaux de premier choix, surtout du côté républicain. Côté démocrate les candidats restent encore assez raisonnables, pour ne pas dire ennuyeux. Pour l’instant, ils n’offrent rien de bien croustillant sur le plan comique, mis à part quelques efforts recommandables d’Hillary Clinton. Le premier débat des démocrates a offert  quelques moments de bonne humeur, mais pas de quoi se rouler par terre. Par contre du côté des républicains (dont l’emblème est l’éléphant), il y a matière comique à volonté.

Entre le discours décoiffant de Donald Trump, notamment sur l’immigration, et les théories loufoques du Dr Ben Carson, les comédiens ne manquent pas de source d’inspiration. Et ils ne s’en privent pas. Tout récemment, le jeune comédien sud-africain Trevor Noah a remplacé Jon Stewart, présentateur vénéré de l’émission « Daily Show » sur la chaîne américaine Comedy Central. Comme beaucoup de fans de l’ancien présentateur, j’étais agglutinée à mon poste téléviseur le premier soir, pour voir comment le jeune Trevor allait s’en tirer. Pas mal le premier soir, suivi d’un « ouf » collectif (y compris venant de nombreux Africains qui n’osaient pas trop croire que le jeune frère puisse se mesurer à une telle icône de la pop-culture américaine).

Pourtant il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, le jeune homme a du talent. Et comme la saison est propice et « le Donald », comme on l’appelle ici, est un cobaye de premier ordre, Trevor en a profité. Son sketch illustrant Donald Trump en parfait président africain est instantanément devenu un classique. Même les antennes sérieuses comme CNN ne veulent pas manquer le rendez-vous du rire, tant certaines scènes, ou mises en scène de Donald Trump, laissent difficilement impassible.

Ben Carson quant à lui, neurochirurgien de renom, nous laisse à penser qu’on peut être super doué et en même temps réussir à se qualifier pour le titre d’idiot du village. Je me demande parfois s’il faut rire, prendre le temps d’analyser ce qu’il raconte, ou le prendre en pitié, pour ses nombreuses prises de position incompréhensibles,  et son cafouillage. Comment un homme aussi intelligent peut-il avoir des théories aussi bizarroïdes?

Malgré toutes leurs gaffes, volontaires ou non, Donald Trump et Ben Carson continuent d’attirer une certaine tranche de l’électorat. N’allez pas croire que ce sont des gens qui sont tombés sur leur tête qui voteraient pour eux. Pas seulement. En passant dans un couloir au boulot, j’ai aperçu la photo de Donald Trump sur le bureau d’une collègue que je pensais, jusque-là, plein de bon sens. Je n’en revenais pas ! Et elle n’est pas la seule à être gaga du milliardaire, à en croire les sondages (même s’il y a eu un certain déclin ces derniers temps). Je n’ose pas croire que M. Trump arrive à sortir gagnant des élections primaires, mais ce n’est pas impossible. Cette hypothèse me remplit autant d’anxiété que d’excitation.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’apprécie cette diversité d’opinions et de positions, même extrêmes (et ces talents comiques), que nous offre le parti républicain, comparé au déjà vu qu’on ressent du côté des démocrates. Entre Hillary Clinton qu’on donne presque vainqueur des primaires, Bernie Sanders qui nous rappelle qu’il ne faut pas vendre sa peau trop vite, et le vice-président américain Joe Biden qui maintient un semblant de suspense, il n’y a rien de bien excitant. Pour l’instant, on ne peut que se tourner les pouces et laisser végéter nos grands zygomatiques. En attendant que les choses bougent de ce côté-là, il faut bien trouver son bonheur ailleurs.

Je ne peux donc que me réjouir et remercier M. Trump et sa clique de farfelus pour tous ces fous rires qu’ils nous offrent régulièrement. Mais attention que la plaisanterie ne dure pas plus que nécessaire. Je n’ose pas dire, comme Jon Stewart, que je quitterais cette planète si Donald Trump devenait président, mais ce serait une dure réalité. Mais on n’en est pas encore là, et à en croire les experts, on en est même assez loin. Laissons donc les pensées pessimistes de côté, et rions de bon cœur !

* Tromper aussi oui, mais ici on parle bien de Trump.

10 Commentaires

  1. Ah! C’est sûr que la campagne offre de sacrée pépites aux États Unis (Y’en a qui ont de la chance), surtout avec un Trump dans la danse.
    J’aurais vraiment aimé voir ce que dirait John Stewart de cette campagne, mais bon, le nouveau est tout aussi bien en effet.
    Quant à Donny, pour moi c’est un bout-en-train plus que tout autre chose, c’est Hillary qui ira à la maison blanche. Alors « Are you ready for Hillary? ». 😉

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *