Halloween et Compagnie

halloween-150363_1280Nous voici de retour sur les sentiers battus des fêtes de fin d’année. Non, non, ce n’est pas une exagération. Je sais qu’on n’est seulement en octobre, et pourtant je parle déjà des fêtes de fin d’année. Si vous vivez aux Etats-Unis, vous comprendrez de quoi je parle. Sinon, sachez qu’ici la période des fêtes commencent fin octobre. C’est le début du « holiday season », des grandes célébrations annuelles.

On commence avec Halloween, le 31 octobre. La fête est un hommage aux morts et donc plutôt macabre au départ, mais on en a fait une festivité que les enfants adorent. On célèbre la veille de la Toussaint en jouant avec les hantises de tout un chacun. Dans certains quartiers les décorations se rivalisent en thèmes tirés de films d’horreur, Dracula et les croque-morts, en chef de fil, tous se décarcassant à qui mieux mieux pour effrayer les passants. Ailleurs les efforts plus modestes se limitent aux citrouilles-lanternes posées devant les portes d’entrée, pour indiquer qu’on participe bien aux festivités.

A la tombée du jour, les enfants (et quelques grands enfants) se déguisent selon les costumes populaires du moment ou leur humeur (souvent en fées ou sorcières pour les filles, et en super-héros ou monstres pour les garçons), et paradent de porte en porte dans le voisinage pour récolter des friandises. Gare aux voisins radins qui n’en auraient pas. Ils auront droit à des œufs cassés devant leur porte, ou à quelques autres mauvais tours du genre (d’où la formule « Trick or Treat » que les enfants hurlent à tue-tête, en sonnant).

Jusqu’à la naissance de mes enfants j’observais la pratique à distance, me ravitaillant quand même en bonbons chaque année, pour parer à toute éventualité. A part quelques fêtes costumées auxquelles j’ai assisté par le passé, je n’ai jamais vraiment adhéré à la tradition. Détrompez-vous, je ne suis pas une party-pooper » (l’expression est plutôt imagée en anglais, mais comprenez ici que je ne suis pas une rabat-joie). J’aime faire la fête, et pour quelqu’un qui a passé son voyage de noces à la Nouvelle-Orléans (ville du Mardi gras, et de fêtards, par excellence), je ne dirais jamais non à la bonne humeur et au plaisir d’une fête, en l’occurrence en costume, quand on peut laisser tomber toutes ses réserves. Halloween n’est juste pas mon truc.

HalloweSauf que quand on a des enfants de l’âge des miens, c’est un rituel auquel il est presqu’impossible d’échapper. Soit, je connais des parents qui y sont arrivés en invoquant quelques principes religieux, mais je ne peux malheureusement pas clamer cette ferveur. Donc, pas d’autre excuse que mon manque de gout pour le macabre. Je me suis quand même faite à la chose, pour faire plaisir aux enfants, sans jamais vraiment y mettre le coeur. Pour preuve, cette année encore, comme par le passé, j’ai attendu la dernière semaine pour me mettre à la recherche de la tenue des enfants, sachant d’avance que ce serait la croix et la bannière pour leur trouver le costume de leur rêve. Il faudra donc faire avec ce qu’on trouvera dans les rayons dévalisés des magasins.

Mon manque d’effort pour Halloween va chaque année croissant, inversement proportionnel au désir de mes garçons d’y participer.  Pas seulement pour les costumes qu’il faut trouver, mais aussi pour la tonne de sucrerie qu’il faut gérer après. Car le plus grand plaisir des enfants c’est bien l’amas des bonbons et chocolats, au grand dam ou plaisir (c’est selon le besoin du business) des dentistes. Les enfants attendent donc impatiemment ce heureux jour où il leur est permis de manger des friandises à volonté. Cette année le plaisir est redoublé du fait qu’Halloween tombe un samedi, et il sera permis de rester debout plus tard dans la nuit, histoire de se gorger encore davantage. Le lendemain, tout en maudissant les fabricants de confiserie, je me presserai de cacher le restant du magot qui ira faire le bonheur des cousins et cousines au pays.

Halloween est un moment de hantise pour moi, pour d’autres raisons. Car une fois arrivé au 31 octobre, on a l’impression de tourbillonner de préparatifs en préparatifs. Il suffit de suivre le cycle commercial à la télévision. Juste au lendemain de Halloween, on nous bombarde de publicités pour les achats de Thanksgiving, avec des chansons de Noël en bruit de fond. Thanksgiving étant le jour des retrouvailles en famille pour célébrer le bonheur d’être ensemble, rendre grâce à Dieu (et au dieu de la dinde) pour ses bienfaits, on joue sur nos sentiments, pour nous faire dépenser à gogo.

Juste au lendemain de Thanksgiving, au premier coup de minuit, les grandes soldes du Black Friday sont inaugurées. Commencera alors l’inexorable marche vers la saison des cadeaux : Noël chez les chrétiens, ou Hanoucca chez les juifs, ou Kwanzaa pour certains noir-américains. Toute une machine commerciale est organisée pour que nous n’oubliions personne, même ceux qui n’étaient pas sur notre liste à l’origine. Je n’ai jamais eu le courage de prendre part au shopping de zombie du Black Friday, mais l’expérience en vaudrait la peine selon certaines amies qui y ont pris goût.

Je prendrai mon temps, mais je finirai par étudier les listes envoyées au Père Noël, puis à passer commande, puis à cacher les jouets. Il faudra penser aux cadeaux des maîtresses, des collègues parfois, des cousins, des enfants d’amis proches. Le plaisir et recueillement des festivités du réveillon et du jour de Noël arriveront enfin, mais ne dureront qu’un instant. Et seulement si l’on prend le temps de se rappeler et d’apprécier la signification de ce jour. Si on ne s’est pas laissé happé par le stress des préparatifs. Viendra enfin le nouvel an pour clôturer le tout, et on pourra alors dire « ouf ! », on a survécu au cycle.

Voici donc venue la saison de tous les frissons, et de grand stress déjà vécu, pour moi, comme pour beaucoup de parents dans mon entourage. On se plaindra de trop de choses à faire, trop de fêtes et concerts à l’école, trop d’invitations, trop de pression. Mais tous autant que nous sommes, et moi la première, nous savons parfaitement que nous ne pouvons y échapper, à moins de déménager ailleurs. Et encore, ce n’est pas une garantie, étant donné qu’Halloween et certaines fêtes typiquement américaines semblent avoir trouvé des adeptes dans d’autres pays.

Pas besoin de déménager, donc, il faut juste assurer. Je voudrais pourtant, un jour avoir le courage de zapper toute une saison, et juste ne rien faire, ou faire autre chose que la norme. Je sais bien que ce jour-là ce n’est pas demain la veille. Il faudra probablement attendre que mes enfants quittent le nid familial et entrent à leur tour dans la spirale en tant qu’adultes. En attendant, une fois de plus je me prépare psychologiquement. Comme on dit ici « if you can’t beat them, join them ». En avant donc !

 

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