Le monde comme il ne va plus, bis.

world-on-fireEn relisant ce billet publié au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, il y a onze mois, je me rends compte que je n’ai rien de plus à ajouter, rien à retirer non plus, hélas. Comme si c’était hier. Mais, voilà, c’était hier! Hier, un vendredi 13, oui c’est vrai, que la même barbarie a été commise, avec des conséquences encore plus atroces.

Tout les sentiments sont intacts. Les élans de solidarité se répètent, les mêmes condamnations affluent, les mêmes indignations se partagent. Rien de plus à déclarer. Alors quand on a rien à dire, on se tait. En attendant que ceux qui le peuvent, cherchent à nous expliquer, à trouver les fautes, les failles, on prie pour les victimes et leurs familles, on pense à nos proches qui sont dans la tourmente, et on ressasse les faits passés, ceux d’hier, et aussi ceux d’il y a onze mois.

Triste pour la liberté, et triste pour la démocratie, était cette journée du 7 janvier 2015. Une journée qui nous en rappelle bien sûr une autre, la terrible journée du 11 septembre 2001. Ce jour-là, incommensurable était la vague d’émotions: angoisse, détresse, anéantissement, incompréhension, sentiment d’être arrivé à la fin du monde. De Washington, je l’ai vécue secouée comme tous les habitants aux Etats-Unis, et tant d’autres de par le monde. Je ne pensais jamais l’oublier, et pourtant elle semblait bien loin de ma mémoire ce jour du 7 janvier 2015.

Aujourd’hui elle me revient à l’esprit, avec la même vague de sentiments, comme ce fût souvent le cas ces dernières années, à chaque fois qu’un autre pays a vécu « son 11 septembre ». Après le  Royaume-Uni et l’Espagne, la France, vient de vivre sa grande journée de deuil de ce début du siècle. Un pays qui par le passé a connu son lot de guerres, de tensions, de divisions, de révolution, est frappé une fois de plus en plein cœur, en plein Paris. Une fois de plus l’onde de choc a fait le tour du monde.

Les réseaux sociaux se sont embrasés, les rédactions du monde ont crié leur tollé, les mots de soutien et les messages de condoléances se sont envolés en direction de la nation meurtrie. La vidéo de ces hommes cagoulés agissant avec un tel sang-froid, nous laisse entrevoir en direct ce nouvel ennemi qui ne recule devant rien pour semer la terreur dans les cœurs et dans les esprits. Des individus qui ne répondent à aucune loi, humaine ou divine, sinon celle du plus faible qui se croit fort derrière son masque, et se donne des droits sur l’opinion et la vie des autres.

Bien sûr, après la journée de deuil et  l’unité de la nation, il y aura les débats pour comprendre et essayer d’expliquer, les prises de partie, les querelles de responsabilités non-partagées. On n’y pourra rien, la démocratie et la liberté c’est aussi cela. Très vite, nous retournerons tous à notre quotidien, où nous continuerons tranquillement à jouir de notre liberté d’expression, prenant part au gré de notre plaisir à toutes sortes de débats d’idées sur les réseaux sociaux ou dans notre vie réelle.

Ce faisant, rappelons-nous toujours de tous ces gens qui auront payé le prix fort pour cette liberté. De tout cœur avec la France et Charlie Hebdo, rappelons-nous, si nous avions oublié, réveillons-nous, si nous nous étions endormis un instant, reprenons-nous, si nous avions baissé notre garde, que notre monde est toujours en feu.  

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