Résolution 2016: Pas de résolution!

Voici 2016 qui approche à grand pas. Comme d’habitude en cette période de l’année, c’est l’heure des bilans, ceux personnels et ceux que nous proposent les médias. Il faut faire son introspection, examiner l’année qui vient de s’écouler, et faire le point. On peut s’enorgueillir des victoires, essayer d’accepter les défaites, et regarder de l’avant. C’est le moment de faire la liste de résolutions.

Pour moi cette année, ce ne sera pas le cas. Cette année, je n’aurai pas de liste. Tout récemment pendant la formation Mondoblog à Dakar (pardon à ceux qui en auraient assez d’entendre parler de Dakar, et heureux ceux qui en redemande, parce qu’on n’a pas fini d’en causer); pendant la formation donc, il fallait choisir un sujet en rapport au thème 2015/2016 pour notre session radio. Je n’avais vraiment pas d’idée au début, et j’écoutais avec enthousiasme les belles suggestions des unes et des autres. Une des idées proposées a fini par me conquérir : « pas de résolution pour 2016 ». L’idée me plaisait bien parce qu’elle raisonnait parfaitement avec mon état d’esprit à ce moment-là. C’était début décembre, mais j’étais assez zen, ne me souciant pas trop de comment ma famille et moi allions passer les fêtes, encore moins de ce que 2016 me réserverait.

« Résolution: pas de résolution » c’est donc le sujet que moi et mes collègues mondoblogueurs Benjamin et Andry développeront ensemble sous forme de sketch avant de l’interpréter au micro de Simon Decreuze. Il s’agissait pour une commerçante (dont je jouais le rôle) de « vendre » des résolutions, les unes plus ambitieuses que les autres, à Benjamin, lequel les refusaient toutes, à chaque nouvelle propostion. La réaction de notre petite audience fut plutôt mitigée, mais passons, nous ne sommes que des blogueurs, pas des acteurs ! Même si notre sketch n’était pas des plus réussis, il m’a fait réfléchir. Et comme Benjamin, j’ai decidé de ne prendre aucune des résolutions ambitieuses que je prenais chaque année au 31 décembre. Ce n’est pas la première fois qu’à l’approche de la fin d’année, je préfére ne pas faire de plans futurs. Cette année pourtant je suis déterminée à ne pas changer d’avis avant les douze coups de minuit.

C’est donc certain, je ne vais pas prendre de résolution pour 2016. Je ne vais pas me jurer d’être plus engagée socialement et politiquement. Je ne vais pas promettre d’être plus consciente de l’environnement et de recycler mes déchets à tous les coups. Je ne vais pas faire un pacte avec moi-même de manger plus sain. Je ne vais me jurer de reprendre la gym sérieusement. Je ne vais pas établir de chiffre irréaliste de kilos à perdre. Je ne vais pas m’engager de passer plus de temps avec mes enfants ou d’appeler plus souvent mes parents au pays. Je ne vais pas m’efforcer d’être plus loquace avec mes voisins. Et je n’ai surtout pas l’intention de commencer déjà à penser à nos vacances d’été. Je vais juste vivre au jour le jour, consciente de mes responsabilités, de mes moyens, et de mes limites.

En cette fin d’année je rends grâce à Dieu de n’avoir pas connu trop d’échec ou de grand désespoir. Je le remercie de m’avoir épargné tristesse et peine similaires à celles que tant de gens de par le monde, de Paris à Beyrouth, de Bamako, à San Bernadino, ont vécu. Je remercie Dieu d’avoir gardé ma famille à l’abri d’angoisses, telles que celles ressenties par les familles de refugiés syriens et africains, ou celle plus proche de nous, d’une famille qui vit des moments d’anxiété avec leur petite fille malade, en cette période où le reste du monde est en fête. Je prie pour tous ceux qui souffrent, parfois près de nous, ou loin des regards indifférents, par manque de moyen ou d’attention.

Aux douze coups de minuit, j’apprécierai juste le moment, en me remémorant les beaux instants de 2015, vécus en famille et entre amis, tout en tirant les leçons des expériences plus difficiles. J’apprécierai le plaisir de parler à beaucoup de mes proches, pour certains la seule fois par an où j’entendrai leur voix, au téléphone. Je célébrerai la diversité du monde et la chance que j’ai de la vivre chaque jour dans mon lieu de travail, avec des collègues venant des quatre coins du monde. Sans oublier l’opportunité d’avoir expérimenté cette diversité au quotidien pendant une semaine inoubliable à Dakar, et les nombreuses amitiés intercontinentales dont elle a enrichie ma vie (et ma liste d’amis sur Facebook!). Je me rappellerai avec plaisir de chaque instant en espérant en connaître d’autres encore plus exaltants, sans forcer les choses, sans mettre la barre plus haute. Je ne me prendrai pas la tête pour souhaiter plus que je n’ai déjà, ou rêver à de lendemains meilleurs. Parce que le temps présent, c’est tout ce qu’on a de mieux, de sûr.

En 2016, comme le recommande souvent ma mère, je vais juste prendre la vie du bon côté. Elle dit toujours que « dans toutes choses, il faut aller doucement, et garder la foie. Et c’est la seule certitude que je vais m’offrir. Pour emprunter la formule finale de notre sketch radio « en 2016, qui vivra verra ».

Bonne et Heureuse Année 2016!

6 Commentaires

  1. Voici le vrai commentaire( le 1er contient quelques erreurs de frappes)
    Wahou quelle belle surprise ! Oui, je me réjouis de ce billet qui traduit pratiquement ma conception sur les résolutions en 2016 même si comme tu l’as dis, notre sketch à Dakar ne l’a pas fait ressortir comme il le faut . Merci de l’avoir retranscrire avec brio avec un style particulier qui est le tien. C’est clair que le mien serait différent. Bravo, je te souhaite une heureuse année 2016 !

  2. A la lecture de ton billet, je me retrouve à l’AUF de Dakar lors des « répétitions » en vue de l’enregistrement de l’émission radio! Prendre la vie du bon côté, c’est en effet la meilleure des choses à faire, et ce tous les jours de 2016 🙂

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