Un éléphant ça peut (encore) Trumper* énormément

Crédit photo : Mike Luckovich, Atlanta Journal-Constitution

Ouf ! Quel soulagement au lendemain du caucus de l’Iowa, la première étape de cette longue course d’obstacle qu’est l’élection présidentielle américaine. Ouf de soulagement pour une première victoire (in extremis, soit) d’Hillary Clinton dans le camp des démocrates. Et grand ouf aussi, parce que contrairement aux prédictions des divers sondages, Donald Trump n’est pas arrivé vainqueur du côté républicain.

Même si les experts politiques considèrent le résultat de Trump comme étant relativement confortant, il n’en a pas moins perdu ! Et c’est tout ce qui compte. Malheureusement, comme il l’a annoncé après les résultats, dans un discours faussement humble, ce n’est que le début. Donald Trump n’a pas l’attention d’abandonner la course. Jusqu’à quand la plaisanterie va t-elle donc durer?

Depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, nous assistons à un spectacle digne d’un grand cirque. L’attraction principale, c’est Donald Trump. Il y a quelques mois on en riait bien, parce qu’au début c’était vraiment drôle, comme j’en parlais dans un billet précédent. Quand les sondages le comptaient dans les 10% d’intention de vote, et qu’on rigolait à gorge déployée des divers imitations de ses réparties les plus farfelues, on était loin d’imaginer que quelques mois plus tard il passerait la barre des 30%.

Aujourd’hui, fini la rigolade. Mr. Trump a réussi à monter dans les sondages et se retrouve en tête parmi les républicains. En tant que grand expert de la téléréalité, Trump a su utiliser les tours de passe-passe acquis lors de sa longue carrière de show-businessman, pour aduler son public. A chaque fois, on croit avoir attendu la pire de ses remarques grandiloquentes d’homme imbu de sa personne. Et juste après il nous sort autre chose d’encore plus incroyable.  Il ne semble y avoir aucune limite à la diatribe mysogino-raciste de l’homme.

Sans filtres ni état-d’âme il déballe tout ce qui lui passe par la tête. Le New York Times a compilé un glossaire de ses déclarations loufoques sur Twitter, et la liste semble interminable. Le pire c’est que son pseudo franc-parler semble trouver de plus en plus d’adeptes. L’onde de choc que procure son verbiage semble tétaniser la foule de ses supporters, qui en redemandent. Il faut croire qu’une partie de l’électorat républicain a perdu la tête. Ou, à en croire les conclusions des spécialistes au vu des résultats du caucus, beaucoup de ses fans ne sont attirés que par le « star power » de Donald Trump. Quand les choses sérieuses vont débuter, ils l’abandonneront devant les urnes. Espérons-le.

Pour l’instant, comme beaucoup je soupire de soulagement. Juste pour quelques jours, jusqu’à la semaine prochaine, quand le vrai test aura lieu au cours de l’élection primaire du New Hampshire. On dit que le caucus de l’Iowa prend le pouls des électeurs avant les primaires, et même si il est très médiatisé, un bon score en Iowa n’augure en rien d’un futur radieux. Nombre de vainqueurs au caucus par le passé ne sont pas allés bien loin dans la course. Par contre, une victoire de Trump à New Hampshire, comme il semble en être certain, serait plus inquiétante. Étant donné que sa popularité semble se  propager tous les jours d’avantage, il y a de quoi se ronger les ongles.

Du coup je commence à sérieusement envisager l’éventualité d’un Donald Trump candidat face à Hillary Clinton ou Bernie Sanders. Rien qu’à l’idée j’en ai des sueurs froides. Le bulldozer Trump pourraient bien les raser l’un ou l’autre (là c’est ma tête qui parle, pas mon cœur !). Malheureusement, cette eventualité n’est plus du domaine de l’impossibilité comme on le pensait il y a quelques mois. C’est donc l’heure de faire face à l’évidence (pas toujours évidente, il est vrai) des sondages. Il me faut considérer les options en cas d’une victoire de Trump. Certains citoyens américains parlent de déménager sur Mars, d’autres de rester sur terre, mais changer de pays. Entre ces deux options, mon cœur balance encore, mais il faudra trouver le juste milieu.

 

* Tromper, oui, mais ici c’est Trump qui agite.

2 Commentaires

  1. « Et grand ouf aussi, parce que contrairement aux prédictions des divers sondages, Donald Trump n’est pas arrivé vainqueur du côté républicain. »
    « …à en croire les conclusions des spécialistes au vu des résultats du caucus, beaucoup de ses fans ne sont attirés que par le « star power » de Donald Trump. Quand les choses sérieuses vont débuter, ils l’abandonneront devant les urnes. Espérons-le. »
    « Du coup je commence à sérieusement envisager l’éventualité d’un Donald Trump candidat face à Hillary Clinton ou Bernie Sanders. Rien qu’à l’idée j’en ai des sueurs froides. »
    Looooool, Alors Tata Coco, je pense que j’ai bien fait de ne voir cet article que maintenant. Ces sueurs froides? Gelées désormais? Le déménagement? C’est pour Mars? Le Brésil? Lomé? Hihihihihihihi.. En tout cas, bonne chance à vous. Mais qui sait? Peut être que vous serez agréablement surpris par son ou ses mandats.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *