Attention, éléphant droit devant. Sauve qui peut ! 

Donald Trump, en marche vers la Maison Blanche ? | CC Wikimedia Commons

Ne cherchons plus la petite bête, c’est un éléphant qui est en marche vers la Maison Blanche.

Plus que quelques semaines avant l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Ces derniers jours Donald Trump a le vent en poupe et Hillary Clinton a du plomb dans l’aile. La course pour la Maison Blanche s’accélère et mon rythme cardiaque aussi. C’est vrai, aujourd’hui j’ai peur et j’ai mal partout. Alors que dans un billet récent je laissais encore transpirer mes attentes d’un échec du candidat Trump, aujourd’hui je suis à bout d’espoir, et de force. Après le tango des sondages de l’été qui donnaient pour la plupart Hillary favorite, selon les dernières estimations la musique a encore changé, c’est désormais Trump qui mène la danse. La question que je me pose depuis le début de cette aventure rocambolesque demeure : comment est-ce possible ?

Les dieux américains sont donc tombés sur la tête ? Peut-être. Mais à mon avis les dieux n’ont rien à voir dans cette affaire. C’est bel et bien chez les mortels qu’il faut chercher la réponse. Il y a toutes sortes de gens qui se rassemblent sous l’emblème des républicains, l’éléphant. Il y a les Américains désabusés, ceux qui n’ont plus d’illusions sur les litanies politiques qui ne changent jamais. Une horde de personnes qui a enfin trouvé l’opportunité d’exprimer son ras-le-bol et qui a trouvé en Trump le candidat idéal de contestation. Il y a ceux qui ont aucune excuse, les opportunistes de la trempe de David Duke (longtemps figure de proue du Ku Klux Klan) qui ont aussi trouvé résonance dans les discours controversés de Trump. Il y a bien sûr les indécis, les pseudo-indépendants, qui voteront selon leur humeur du jour, ou sur un coup de tête qui pourrait bien peser dans la balance.

Jusqu’ici les experts nous faisaient croire que le charme de Trump n’opérait que sur l’Amérique dite « profonde ». Ces « blue collars » que les médias aiment à mettre dans le même sac que les « mal-éduqués ». Mais il faut bien se rendre à l’évidence : les fans de Trump sont partout, dans toutes les couches de la société. Certains ouvertement déclarés, d’autres plus discrets, mais on les reconnaît bien à leur mutisme pendant les discussions houleuses au bureau, ou à leurs hochements de tête polis. Puis il y a les autres, les démocrates de #NeverHillary, qui vendraient leur âme au diable plutôt que de donner leur vote à un autre Clinton. Ils voteront Trump en se pinçant le nez de dégoût. C’est donc un gros mélange, un tonneau de poudre de dynamite qui pourrait faire imploser le parti républicain et le reste de l’Amérique avec. Ce sont eux qui détiennent la réponse du mystère de l’ascension de M. Trump, et de notre descente aux enfers.

Je n’exagère pas. Mon désespoir est bien réel, surtout après cette dernière semaine qui n’a pas arrangé les choses pour Hillary. Une remarque maladroite, une maladie mal gérée et les sempiternels emails qui n’ont pas fini de faire couler de l’encre. Hillary Clinton n’a trouvé de répit que dans un repos forcé. Pendant ce temps, Donald Trump s’emparait des ondes comme il sait le faire, il utilise les médias pour se faire de la pub gratuite. Récemment c’était pour son nouvel hôtel à Washington, il en a profité au passage pour essayer de mettre fin, en 10 secondes, à des rumeurs qu’il avait colporté sur la nationalité d’Obama. Aujourd’hui il joue de nouvelles cartes, celle de la pondération, de la conciliation, du charme, du rapprochement, allant jusqu’à se laisser ébouriffer la tignasse ( tignasse sacrée !) sur une chaîne nationale. Bref, M. Tout le Monde, quoi ! Mais quel monde ! Quel monde serait celui d’après le 20 janvier 2017, si Donald Trump était élu?

Jimmy Fallon décoiffe Donald Trump dans son émission « The Tonight Show ».

Pendant la campagne, Donald Trump nous en aura fait voir de toutes les couleurs (de cheveux entre autres), de toutes les formes (de tweets), et de toutes les tailles (de main et autre partie plus privée du corps). On en riait et on en rie toujours un peu, mais maintenant ces rires sont surtout des grincements de dents, accompagnés de grosses sueurs froides. Que deviendrons-nous s’il devenait président ? Où mettre notre cœur le jour où Barack Obama devra lui remettre les clefs de la Maison Blanche ? Que deviendra notre gorge quand nous hurlerons devant nos téléviseurs en voyant Obama et sa famille partir, suivi par celui qui lui aura nié toute légitimité pendant ses deux mandats, admettant seulement il y a quelques jours, et du bout des lèvres, qu’Obama est bien né américain ? Que deviendra notre cuir chevelu quand il faudra nous tirer les cheveux à chaque fois qu’un discours ou une remarque désobligeante de Trump nous les dresseront sur la tête ? Que deviendra notre vésicule biliaire, avec le taux incontrôlé d’acide qui y sera secrété, lorsqu’il faudra subir l’image quotidienne de Trump au journal de 20 heures ? Comment gérer notre tension artérielle, quand on verra Trump se pavaner dans les capitales mondiales en pays conquis ?

Rien qu’à l’idée d’une possible victoire de Donald Trump, je suis déprimée d’avance. Oui, j’en suis malade. C’est aussi le cas pour beaucoup de proches. Certains sont encore dubitatifs et gardent de l’espoir, mais je préfère être réaliste. Le début de l’année prochaine pourrait être dur et il faut se préparer au pire, mentalement et physiquement. Les médecins et les psychiatres auront du pain sur la planche, c’est certain. Heureusement, grâce à Obamacare, un grand nombre d’Américains ont maintenant droit à une meilleure couverture médicale. C’est à croire que Barack Obama savait qu’ils en auraient vraiment besoin après son départ !

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