Qui veut voyager bien, prépare des petites coupures

Cet été, vacances va rimer comme chaque année avec billets…

Bientôt les vacances et beaucoup d’entre nous se préparent pour des destinations proches ou lointaines. Certains, billets en poche, trépident d’impatience avec le regard tourné vers la terre natale, en Afrique. Pour ces derniers chanceux qui vont bientôt avoir la chance de retrouver la chaleur africaine, la bonne cuisine, les amis, et toute la grande famille, une étape incontournable devra être franchie : le passage par la douane de l’aéroport, où il faudra faire face à la phrase habituelle : « Il faut faire quelque chose ! » Et oui, c’est la phrase magique pour laquelle la bonne réponse – quelque billets furtivement glissés dans les mains de qui-de-droit – permettra de passer outre la marée humaine de fonctionnaires et de vacanciers, pour se laisser happer par la bouffée de chaleur qui nous confirme que nous sommes enfin arrivés au bercail.

Corruption généralisée ou instinct de survie ?

« Il faut faire quelque chose », « do something, sista », « il faut payer le café », ce sont des phrases quasi-panafricaines ! Je les ai entendues à Lomé, à Accra, à Abidjan, à Cotonou, et beaucoup témoigneront en avoir entendu d’autres versions partout ailleurs sur le continent. D’aucun dénonceront un phénomène de corruption généralisée, mais moi je l’appelle simplement un « instinct de survie », ou « faire avec les moyens du bord ».  Difficile de reprocher à quelques fonctionnaires de chercher des moyens d’arrondir une fin de mois souvent difficile. D’ailleurs, il faut bien l’avouer, dans certains cas ces transactions nous facilitent bien la vie.

Nous sommes tous coupables, à divers degrés, de complicité de corruption. Nous ne nous en plaignons que lorsque nous ne nous y attendons pas. Un ami ghanéen crie haut et fort qu’il ne pourra jamais vivre à Accra à cause de cette atmosphère de corruption organisée, selon laquelle il faut graisser mille et une pattes dans les services administratifs pour obtenir gain de cause : passeport, carte d’identité, titre foncier, etc. Je le comprends, mais je comprends aussi le camp adverse. Les réalités sont dures sur le terrain, et c’est souvent la loi du plus fort, le plus fort étant celui qui a le bras le plus long et ose le tendre !

S’armer de patience… et de billets !

Le phénomène étant ce qu’il est, il faudrait donc partir préparé. D’abord, ne pas arriver avec des airs de conquérant. Le système est solide et a fait ses preuves. Inutile d’invoquer X ou Y bien placé, ou de menacer d’aller se plaindre aux autorités ! D’ailleurs avec la température du hall de l’aéroport l’effort demanderait une double dépense d’énergie. Plutôt s’armer de patience et quelques billets d’avance (attention, un dollar ne vaut pas grand chose dans le milieu, cinq euros peuvent passer, et encore !). Prévoyez si possible quelques billets de monnaie locale.

Une fois sur place, identifiez l’agent stratégique. Celui qui a le pouvoir de vous faire passer rapidement, et non un quelconque opportuniste qui ne vous obtiendra qu’une attente supplémentaire devant le-dit agent stratégique. Ne vous énervez devant les questions loufoques du genre, « la boîte de chocolat là c’est pour moi, non ? » ou « deux ordinateurs pour vous seul, et nous alors ? ». Engagez une petite conversation, et souriez abondamment, autrement les plaisanteries et ricanements d’en face ne feraient qu’augmenter, vous mettant les nerfs à vif. Surtout soyez discrets, pas la peine d’ameuter des regards envieux. Une fois la transaction terminée, ramassez vos affaires, remerciez une fois de plus, et avancez dignement. Voilà, vous en avez fini avec cette étape, jusqu’au jour du départ ! Inspirez-vous de cette expérience tout au long de votre séjour, en cas de besoin dans d’autres services administratifs. Bonne chance et bonnes vacances !

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