Voir Dakar et Renaître (suite)

Renaissance DakarA Dakar, veni, vidi, amavi.

A l’heure qu’il est, tout ce qui s’est passé à Dakar pendant la formation de RFI Mondoblog 2015, n’est plus un grand secret. Depuis notre retour, peut-être même avant que certains participants n’aient remis les pieds chez eux, les billets des blogueurs et blogueuses profusent, photos à l’appui.

En ce qui me concerne, j’ai mis du temps à me mettre à ces lignes. J’avais ébauché quelques phrases juste à mon retour, mais après, plus rien. L’inspiration ne manquait pourtant pas, avec tant de matériel offert par cette semaine mémorable. Cependant, les mots ne venaient pas naturellement, comme si je préférais encore savourer toute seule cette expérience, outre quelques photos postées sur ma page Facebook, sans me presser de partager les details à grande échelle.

J’ai donc pris mon temps pour trouver les mots, le ton, et l’angle encore non-explorée. J’ai parcouru avec plaisir les textes des autres Mondoblogueurs. Et que d’émotions transpiraient à travers chaque récit. Allez lire les billets de Widlore, Renaud, Guillaume, Ecclesiaste, Didier, Guy, Lucrèce, et tant d’autres sur la plateforme, et vous aurez pratiquement fait le tour d’horizon de la formation. Peut-être ressentirez-vous un peu de cette vague de nostalgie où nous baignons tous encore. Nostalgie ravivée en écoutant l’émission de l’Atelier des Médias consacrée à notre formation ce week end. Il ne restait donc pas grand choses à raconter, objectivement.

Néanmoins, pour ne pas manquer au rendez-vous, j’ai voulu contribué à ma façon. J’ai réfléchi, tourné en rond, et un peu en bourrique, pour imaginer quoi raconter dans un billet. Comme on le dit, il faut reculer pour mieux sauter, et je suis finalement retournée au texte que j’avais publié avant mon voyage, pour essayer de répondre à certaines des questions que je me posais en anticipation, et, je l’espère, pour satisfaire en même temps votre curiosité, chers lecteurs.

Dakar vue de Gorée

Dakar vue de Gorée

A Dakar, je suis allée, avec beaucoup de questions et d’ambitions, et quelques appréhensions. Je suis arrivée curieuse et excitée, impatiente de m’immerger, comme je le fais à chaque voyage. Pendant une semaine, j’ai découvert un pays à travers une ville, ses quartiers, ses marchés, et ses habitants. J’ai rencontré des gens de tous horizons, des inconnus d’abord, devenus très vite des amis.

A Dakar, j’ai rencontré l’équipe de l’Atelier des Médias: l’impressionnant Ziad et son regard souriant et son sourire en coin, pas toujours rassurant; l’affable Simon et son rire contagieux, et son micro omniprésent; la dynamique Manon avec ses yeux sombres mais si plein d’éclats, et sa presque jumelle, l’inébranlable Mélissa et son sourire timide et son regard parfois intimidant.

A Dakar, j’ai rencontré Chantal et Denis, nos hôtes, français qui après 30 ans dans ce pays, parlent du Sénégal avec leur cœur, comme de leur deuxième mère-patrie. J’ai adoré Dédé qui raconte sa vie de Goréenne native avec un accent « made in France », et évoque sa recette de confiture de patate douce, à voix basse, comme s’il s’agissait d’un secret de famille. J’ai apprécié Doudou et son sourire, serviable et impassible, même face au stress de servir à manger pour 70. J’ai été rassurée par Pierre, notre ange-gardien, visible dans le noir, du soir au matin.

MondoblogirlsA Dakar, j’ai rencontré les « Mondoblogirls », Amélie, Carole, Dieretou, Elsa, Emma, Emmanuelle, Fatoumata, Françoise, Grâce, Lucrèce, Pascaline, Rima, et Sophie, qui comme moi, ont mis de côté leur vie de jeunes filles et femmes actives. Nous toutes, qui avons tant à dire, à écrire, et à apprendre, et qui nous sommes complètement immergées dans ce projet.

A Dakar, j’ai rencontré des jeunes hommes, et le moins jeune d’entre eux, Krimo, digne du titre de doyen tant par son expérience que par le timbre de sa voix qui envahit l’espace lorsqu’il prend la parole. J’ai découvert toute une diversité de talents: poètes, artistes, techniciens, ou activistes, tous fabuleux blogueurs, qui m’ont fait réfléchir, débattre, et rigoler, à chaque fois sans me limiter à mon statut de femme dans un monde encore trop majoritaire d’hommes.

A Dakar, j’ai circulé en taxi, en bus, en autobus, l’un qui nous a lâchés en route, pour nous laisser continuer le reste du chemin à pied, et l’autre qui a failli nous faire perdre notre sang froid dans un virage. J’ai visité des quartiers les yeux grands ouverts d’admiration, et d’autres avec le cœur un peu serré par les difficulté quotidiennes qu’on pouvait y deviner.

A Dakar, je suis allée, curieuse et pleine de questions. Je pensais revenir comme une touriste, séduite et heureuse d’avoir découvert une nouvelle ville, et comme une étudiante, équipée de nouveaux outils. Voilà que je suis repartie imprégnée de la vie de cette ville, et de ses habitants. J’étais sous le charme, comme enivrée du parfum d’encens qui m’a accueillie le premier jour à l’aéroport et qui recouvre la ville, à chaque coin. De Dakar, je suis revenue conquise, impressionnée tant par son architecture que son symbole mal-aimé. Je suis un peu jalouse aussi de cette ville qui, comparée à ma Lomé natale, semble appartenir à un autre continent, à un autre temps. Je pensais revenir remplie d’une nouvelle ardeur pour écrire, pour donner une nouvelle vie, un nouveau départ, à ce blog. Eh bien voilà, mission accomplie!

Je ne pourrais terminer ce chapitre de mon aventure sur la plateforme Mondoblog sans ces quelques mots:

Un mot d’abord: merci ! A tous les lecteurs, les commentateurs, les critiqueurs, les survolteurs, qui ont de près ou de loin approché le blog de Djifa, lui donnant avec chaque nouveau clique un peu plus de pertinence.

Deux mots, ensuite. Merci infiniment. A ma famille, mes amis, pour leur soutien inconditionnel, et surtout à celui qui se reconnaîtra comme mon critique numéro un, malgré lui, et qui depuis le début de cette aventure, parfois sans pitié, souvent sans concession, m’apporte une réflexion masculine sur les sujets qui en ont besoin. Celui, qui pendant ma semaine d’escapade a maintenu le bateau familial à flot, en jouant son rôle de capitaine, en même temps que le mien, auprès des nos enfants.

Trois ou quatre mots, enfin. Du fond cœur, merci. A toute l’équipe de RFI Mondoblog, et de l’Atelier des Médias, pour toute la logistique mise en place pour gérer la plateforme, et organiser la formation. Merci pour cette chance, et cette expérience inoubliable.

 

 

 

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