Les Malheurs de Koffi

Koffi Olomidé n’est plus à présenter en Afrique. Ces multiples tubes, dont l’un des plus célèbres  « Papa Bonheur » ont fait le tour du Continent. En solo ou accompagné de son fabuleux groupe Quartier Latin, et de ses fameuses danseuses, il a fait le bonheur de bien des foules sur le continent, en concert ou dans l’intimité de leur salon. Seulement voilà, en ce moment, Koffi ne roule pas vraiment dans le bonheur. Cela va plutôt mal pour lui.

A moins d’être enfoui au fin fond d’un bureau, croulant sous la tâche, ou d’être un veinard enclavé en vacances dans quelque paradis perdu, vous aurez sans doute eu vent des dernières frasques de Koffi, à l’aéroport de Nairobi au Kenya. Après l’incident, une fois catapulté chez lui en République Démocratique du Congo, le roi de la rumba congolaise se retrouve aux prises avec la justice. Depuis le scandale la semaine dernière, après le tollé, c’est la consternation générale sur la toile.

Koffi à la voix d’or, le « Grand Mopao » comme il se surnomme, dont les multiples chansons d’amour impossible, mélancolique, ou bafoué, nous ont fait vibré depuis notre adolescence ? Est-ce bien le même qui se retrouve dans ce pétrin? Koffi, le charmeur entouré de ses danseuses dont les déhanchements calculés envoutaient les hommes et enrageaient les femmes, dont les clips défilaient en boucle chez nous ? Comment est-ce possible ? Koffi qui a alimenté nos week-ends et nos fêtes officielles ou improvisées jusqu’au petit matin? Lui qui tenait presqu’un statut de membre de la famille au point que le fils d’une de mes amies l’appelait « Tonton Koffi » ? Qu’est ce qui n’a pas marché ? Koffi, l’amoureux des femmes africaines, Koffi le « tchatcheur » serait donc un batteur de femmes !  Ah Koffi ! Comment as-tu pu en arriver là !?

Beaucoup de gens ne s’en étonnent pas vraiment, à en croire les divers commentaires sur les réseaux sociaux. Après tout, il parait qu’il avait des antécédents. D’autres, comme moi, sont juste perplexes, déçus et attristés de la situation dans laquelle notre idole s’est embourbé. En tant que femme, j’ai bien entendu condamné catégoriquement la scène ignoble de l’aéroport. Impossible d’y trouver des circonstances atténuantes. En plus, au lieu de s’excuser simplement de sa grave erreur et d’essayer de se faire pardonner l’impardonnable, Mr. Olomidé rédicive en se cherchant des excuses.

Ah la la, malheur à lui, et à nous ! Qu’est-qu’on va faire maintenant, de tous ses tubes inoubliables qui nous ramènent à notre jeunesse. Doit-on maintenant l’ignorer dans notre musicothèque ? Dois-je « reshuffle » mon Ipod pour éliminer Fouta Djallon, un de mes tubes préférés ? Ce serait drastique, mais le fait est que je ne pourrais plus l’écouter avec la même sérénité. Je ne pourrai plus y avoir recours dans ces moments d’intense stress où seule la voix de Koffi pourrait me faire voyager dans mes souvenirs, me faire divaguer bien loin des soucis immédiats. Quelques mois à peine après le décès de Papa Wemba, faut-il encore pleurer la chute d’un autre grand artiste du continent ? Ou alors faut-il pardonner et oublier, en sachant bien que « qui vole un œuf, volera un bœuf » et que dans le cas présent, il a peut-être déjà volé quelques bœufs auparavant, à en croire les témoignages d’anciennes danseuses ?

Je crois que c’est encore trop tôt pour prendre une décision radicale. Pour le moment j’ai juste quelques conseils pour Koffi Olomidé. Quelle que soit l’issue de la procédure judiciaire à Kinshasa, il devra demander pardon publiquement à toutes les femmes qu’ils auraient violentées par le passé, et même à toute la gente féminine mondiale pour nous avoir flouées tout ce temps. Ensuite, Koffi devra faire profil bas pour un bout de temps. Il devra se faire tout petit et oublier pour quelques mois, voire une ou deux années.

Il devra profiter du temps loin des projecteurs pour nous concocter un de ces fabuleux morceaux dont il a le secret. Surtout pas un truc recyclé dans le genre de son dernier « Selfie ». Quelque chose de vrai, d’original, du « pur Koffi »  circa 1990, un morceau de tous les temps, en hommage aux femmes. Il pourra s’inspirer de son vieux morceau « Désespoir », au besoin.

Quand il aura fini, il devra donner un concert gratuit au Kenya d’abord, et un peu partout sur le continent où il le pourra. Il devra aussi se faire ambassadeur pour une cause de la femme. On lui laisse le choix, il y en a de toutes sortes, comme par exemple la campagne HeForShe des Nations Unies.  Tout ceci pour vraiment prouver qu’il a compris la leçon. Bref un nouveau départ. Ce ne sera pas facile, mais s’il est sincère il y arrivera. Après tout ça, on réfléchira, et on verra si on pourra lui pardonner.

2 Commentaires

  1. Si Koffi lui même lit les trois derniers paragraphes de ton article, je pense qu’il prendra direct un vol pour aller chercher sa nouvelle conseillère et chargée de communication. Sinon, selon moi, un tube reste un tube hein. Oui, l’homme déconne beaucoup mais l’artiste nous envoie ailleurs. Et si tu as la chance de relier Fouta Djallon à des souvenirs forts d’enfance, contentes toi de les chérir et oublies le reste. Parce qu’une fois mis de côté à cause des frasques du mec, ils ne reviendront probablement plus dans ta mémoire avec la même intensité, la même saveur. Et ce serait dommage.

    1. J’avoue (avec un peu de honte) que c’est toujours sur ma fav. list et je l’écoute avec toujours autant de frissons…on va mettre ceci sur le coup de « l’erreur est humaine », pour lui comme pour moi :). Merci du passage.

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