#MondoChallenge : les dix commandements du féminisme pour jeunes hommes d’aujourd’hui

Cr. Wikimedia Commons

J’ai deux garçons de 13 ans et 11 ans. Bien entendu, avec mon mari, ils forment une solide majorité masculine à la maison, et de temps en temps je dois les bousculer, dans ma quête d’une démocratie égalitaire des genres dans notre foyer. Mon mari me soutient et donne régulièrement le bon exemple, mais ce n’est pas toujours évident pour nos garçons de se comporter comme il faut tout le temps. Il faut souvent les rappeler à l’ordre.

Mes fils sont donc formés à la bonne école du féminisme, la mienne. Ma doctrine n’est pas extrémiste ou exceptionnelle. Elle est fondée sur mes propres convictions et inspirée de mon expérience depuis mon adolescence jusqu’à ma vie de femme active, d’épouse, et de mère. À la base, ce sont dix principes simples que j’essaie de leur inculquer, et qui je pense leur resterons utiles dans leurs relations avec la gente féminine tout au long de leur vie.

1. L’homme et la femme sont créés égaux, mais ils ne sont pas pareils. Je sais que tu le sais, mais ça ne fait pas de mal de se le rappeler régulièrement. Il faut faire attention de prendre en compte leur différences de compréhension et de communication dans toutes les situations.

2. Tu respecteras ton père et ta mère au même titre. Tu n’auras pas de favoris, tu n’écouteras pas l’un plus que l’autre. Cependant, rappelle-toi quand même des neuf mois d’avance que ta mère a sur ton père dans vos relations.

3. Tu ne jugeras point sur les apparences. L’habit ne fait pas le moine, ni l’hirondelle le printemps, ni la minijupe une invitation. Ne te laisse pas influencer par ces vidéos musicales que je t’interdis de regarder mais que je sais que tu regardes derrière mon dos. Les filles qui s’y déhanchent travaillent pour gagner leur vie.

4. Tu ne te feras pas prier pour aider à la maison. Sortir la poubelle et laver la vaisselle de temps en temps, c’est bien. Faire le ménage en général, ranger ta chambre sans invitation et sans discuter, c’est encore mieux.

5. Tu ne profiteras pas d’un moment de faiblesse d’autrui pour dominer. Les fables de La Fontaine sont bien des fables. La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure. Ce n’est pas parce qu’une fille est petite de taille qu’il faut la minimiser.

6. Tu ne colporteras pas de rumeurs. Là c’est moi qui te recommande une vidéo (tu vois que je ne suis pas si stricte que ça !). Écoute bien “Affairage” du groupe Toofan et ne fais surtout pas comme dans la chanson. Ne raconte pas n’importe quoi sur n’importe qui. 

7. Tu ne montreras pas du doigt les défauts de ta voisine de classe. Personne n’est parfait, et rappelle-toi de tes chaussettes sales qui traînent à côté du bol de céréales vieux de deux jours sous ton lit.

8. Tu ne couperas pas la parole à une camarade parce que tu penses qu’elle raconte n’importe quoi ou parce que le son de sa voix ne te plaît pas. Toutes les créatures de Dieu ont le droit de s’exprimer librement, même ta petite cousine à la voix stridente qui parle plutôt beaucoup, je sais.

9. Tu n’abuseras pas de ta force ou de ton pouvoir. Ce n’est parce que tu peux ouvrir un bocal de cornichons en un clin d’oeil qu’il faut qu’on te construise un autel pour te faire des offrandes. La preuve, tu es fort comme tout mais tu ne peux pas mettre le fil à coudre dans une toute petite aiguille sans mon aide.

10. Tu n’ignoreras point les suggestions et les remarques pertinentes simplement parce que venant d’une fille. Souviens-toi que tu n’as pas réponse à tout, tu n’es pas Dieu. Même lui doit encore se poser encore beaucoup de questions sur sa création. Et n’oublie pas que toi et moi sommes créés à son image.

Voilà donc une petite liste non exhaustive des préceptes de parité que je m’efforce de rappeler au quotidien à mes garçons. Quand je leur ai parlé de cet article, la bonne nouvelle c’est qu’ils n’ont rien trouvé d’extraordinaire et donc ça leur parle. Mais juste après j’ai du en supplier un pour sortir les assiettes du lave-vaisselle, et c’est la preuve qu’il y a encore du chemin à faire.

Faire de nos jeunes hommes des féministes est un travail de longue haleine. Pour nous parents, introduire ces notions doit commencer tôt dans l’éducation de nos enfants, garçons et filles, et continuer sans relâche. Non seulement en répétant nos convictions au quotidien, mais aussi dans notre façon d’agir. Et comme c’est le cas dans l’apprentissage de toute discipline, c’est la pratique qui procure l’expérience, pour que cette expérience puisse faire la différence.

4 Commentaires

  1. Joli billet Corinne…
    Je trouve que nos deux billets du 8 mars se ressemblent bien en beaucoup de points sur sous la forme…
    Sur le point 2, tu as fais montre d’injustice envers nous, les hommes. Je mets donc un point 11 : Ne considère point les 9 mois passés dans le ventre de ta mère comme une avance sur ton père 😀
    Je souriais et même riais en lisant le tien avec les tournures humoristiques qui tu y as mis…
    Trop cool

    1. Merci Roger. En effet, j’ai vu que la liste de dix point étaient populaire, le choix de Sophie également. Great mind think alike! Merci pour le point 11 que je prends avec des pincettes 🙂

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